Le ballet d'une vie
Novembre 2007
Il passe d’atelier en atelier, de cours en représentation, et ne perd pas un instant. Le jeune danseur et chorégraphe éthiopien Junaid Jemal Sendi ne manque ni de projets, ni d’énergie.
Il vient de se produire en octobre en France dans Mondes, Monde, un solo de trente minutes créé pour lui par le chorégraphe français Franck Micheletti. Le public avait déjà pu assister à ce spectacle au Festival d’Avignon en juillet 2006, puis à Monaco et à Caen en décembre.
Au mois de mai, il a participé à un atelier de danse contemporaine donné par un chorégraphe israëlien à des danseurs handicapés car, comme son mentor Saburo Teshigawara, Junaid collabore fréquemment avec des enfants handicapés. Il s’est ensuite envolé pour le Sénégal, où il a passé deux semaines à l’École des sables de Germaine Acogny, en compagnie de chorégraphes venus de toute l’Afrique. Puis, il a donné des cours de danse dans de nombreuses villes d’Éthiopie.
Pendant l’été, il est retourné à Bradford, en Angleterre, pour participer à des ateliers destinés aux enfants des rues, comme il l’avait déjà fait un an auparavant, sur invitation de Royston Maldoom. Car Junaid Sendi n’a jamais oublié que c’est grâce à un tel atelier organisé par Maldoom à Addis-Abeba qu’il avait commencé à danser, avant de suivre une formation sur cinq ans au sein de l’Adugna Community Dance Theatre Company. À ce jour, Adugna — qui signifie la chance, le destin en amharique, l’une des principales langues du pays — reste la seule compagnie de danse contemporaire en Éthiopie. « La danse doit encore beaucoup se développer dans mon pays », confie-t-il. « J’ai une grande responsabilité à cet égard. »