Biographie
Publiée en 2005
Un Grand parmi les Grands
Chorégraphe le plus influent du Japon et l’un des grands noms de la danse contemporaine, Saburo Teshigawara est célèbre dans le monde entier pour sa technique extraordinaire et ses créations novatrices qui explorent des territoires inconnus. Chorégraphe, danseur, scénographe et cinéaste, il allie, dans toutes ses productions, sa vision plastique et sa maîtrise de l’espace à une grande puissance de mouvements. Aujourd’hui âgé de 52 ans, Saburo Teshigawara s’est toujours intéressé au mouvement. Enfant déjà, il imite le mouvement des insectes, des nuages, des animaux et des gens. Adolescent, il se passionne pour le football – avec ses déplacements souvent rapides et répétitifs.
Premiers pas
Après des études de peinture et d’arts visuels, il ressent le besoin de s’exprimer en utilisant plutôt son propre corps et commence à étudier le ballet classique à l’âge de 20 ans. Au début des années 1980, Saburo Teshigawara crée son propre style qui contribuera à changer l’image de la danse au Japon et à lancer sa carrière. En 1985, il fonde, avec son associée Kei Miyata, la compagnie KARAS avec pour objectif de rechercher « une nouvelle forme de beauté ».
Un précurseur
Souhaitant faire abstraction des catégories traditionnelles de la danse – ballet classique, ballet moderne, Butoh (une forme de danse japonaise d’avant-garde) et danse postmoderne –, ils laissent aux danseurs la liberté de faire des découvertes et d’« exprimer la condition humaine au moyen du corps ».
C’est en 1986 que Saburo Teshigawara attire pour la première fois l’attention internationale lors du Concours de Bagnolet (France), où il remporte une médaille d’argent. Depuis, il a suscité des critiques très élogieuses tant pour des œuvres d’ensemble dont Ishi-No-Hana (1989), Dah-Dah-Sko-Dah-Dah (1991), Noiject (1992), I was Real – Documents (1996) et Luminous (2001), que pour des solos spectaculaires comme Bones in Pages (1991), Here to Here (1995) et Absolute Zero (1998).
Au cours de la dernière décennie, à la demande de grandes compagnies de ballet européennes et de certains de ses pairs, il a créé des œuvres telles que White Clouds Under the Heels (1994/1995), Modulation (2000) et plus récemment, pour l’Opéra de Paris, Air (2003) qui sera recréé en 2006. Ses derniers ballets sont Kazahana, dont la première a eu lieu à Lille en 2004 et qui a été recréé au Théâtre national de Tokyo en février 2005, et Scream and Whisper, présenté à Rome en mars 2005.
L’éloge des critiques
Le son, le temps, l’air et l’espace sont des éléments clés de ses créations avant-gardistes qui lui ont valu des distinctions prestigieuses telles que le Japanese Dance Critics Association Award (1987 et 2000) et l’Asahi Performing Arts Award (2002 et 2003).
Soucieux de partager ses techniques et de former de jeunes danseurs, Saburo Teshigawara a fondé STEP (Saburo Teshigawara Education Project) en 1995, un projet primé, destiné aux jeunes et lancé à Londres par le London International Festival of Theatre (LIFT), The Place et KARAS. Ces stages, ainsi que ceux que le chorégraphe donne régulièrement à Tokyo, amènent les participants – pour la plupart amateurs – à se produire en public.
Vision et mouvement
Saburo Teshigawara étant très intéressé par ce que les danseurs malvoyants peuvent lui apprendre sur la perception sensorielle, l’espace et la danse, il a organisé, avec des collaborateurs de The Place à Londres et du centre culturel STOA à Helsinki, un projet d’une année, STEP 2000, qui faisait participer des personnes malvoyantes à un spectacle intitulé Flower Eyes. Il a ensuite créé à l’Opéra de Lille, en 2004, Prelude for Dawn, ballet interprété par de jeunes déficients visuels et aveugles de la région.
Saburo Teshigawara continue de captiver le public au Japon, en Europe et en Amérique du Nord avec des œuvres abstraites dont il conçoit les décors, l’éclairage et les costumes. Ses expositions, films et vidéos retiennent aussi toujours plus l’attention internationale. Un recours à diverses disciplines qui fait partie intégrante de son processus de création.