De Francfort à Pékin

Novembre 2007

Sang Jijia, jeune danseur et chorégraphe d’origine sino-tibétaine, déclaré « étoile du siècle à venir » par le gouvernement de la province de Guangdong en 1998, a passé quatre ans au côté de son idole et mentor William Forsythe, au sein du Ballett Frankfurt, puis de la Forsythe Company. Riche de cette expérience occidentale, il a regagné la Chine en 2006 pour y entreprendre de nouveaux projets. Depuis, ce danseur qui a toujours déchaîné l’enthousiasme des critiques a dirigé des ateliers pour la Beijing LTDX Modern Dance Company, ainsi que que pour la Guangdong Modern Dance Company, là où il avait débuté sa carrière dans les années 1990.

Le 7 avril 2007, la Beijing LTDX Modern Dance Company a présenté la première œuvre créée par Sang Jijia depuis son retour : Unspeakable. Dans cette œuvre, Sang Jijia a voulu refléter sa conception de l’absurdité du monde telle que la décrit le philosophe français Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe. Sa pièce a ensuite été reprise lors de deux soirées à Guangdong par une compagnie de quatorze danseurs. « Notre problème, dit-il, c’est le peu d’argent dont nous disposons pour les représentations. » Une deuxième création a été présentée en octobre à Hongkong par la Collaborative Dance Company.

En marge de son activité chorégraphique, Sang Jijia a entamé un projet de longue haleine qui lui tient à cœur depuis longtemps : la réalisation d’un film documentaire sur les sons et les danses du Tibet d’où il est originaire. Il vient d’y passer un mois cet été et y retournera chaque année à la même période pour poursuivre son œuvre.