Premières impressions
Entretien avec Aditya Assarat au début de son année de mentorat
Qu’est-ce qui vous a le plus intéressé dans le Programme Rolex de mentorat artistique ?
La chance de travailler avec Mira Nair et de participer à un programme artistique multidisciplinaire qui permet à des artistes de différents univers de partager leurs points de vue. Quand vous êtes très impliqué dans votre travail, vous avez rarement la chance de pouvoir apprendre auprès d’artistes qui, bien qu’ils ne fassent pas la même chose que vous, ont beaucoup de points communs avec vous.
Aviez-vous déjà eu un mentor auparavant ?
Non. Certains réalisateurs ont certes influencé mon travail, mais ils n’étaient pas des mentors. J’admire l’écrivain Haruki Murakami – il exerce sur moi une influence bien plus forte que n’importe quel réalisateur.
Qu’espérez-vous de votre collaboration avec votre mentor ?
Pouvoir produire mon premier long métrage avec l’aide de Mira Nair. J’attends un échange artistique et des conseils pratiques, mais il est plus facile de commencer par du concret.
J’espère aussi assister Mira Nair dans l’un de ses films, apporter ma modeste contribution.
Enfin, j’espère aussi, grâce à elle, pouvoir toucher un public plus large. Le fait que Mira Nair s’intéresse à moi et me soutienne devrait donner une certaine visibilité à mes films.
Jusqu’à présent, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre statut de protégé ?
Beaucoup de choses me plaisent. Pour moi, le plus important est sans doute de trouver quelqu’un qui puisse m’aider de manière très concrète.
Quelle fut votre première impression de votre mentor ?
Elle est très petite, mais elle a une grande confiance en elle-même, beaucoup d’énergie et un immense sourire ! Elle est pleine de vie, c’est un vrai personnage.
La première fois que nous nous sommes rencontrés, elle m’a invité à dîner chez elle. Son fils était là et nous avons parlé de football, pas de cinéma.
Quelles ressemblances ou différences voyez-vous entre votre travail et celui de votre mentor ?
Je pense que nous sommes tous les deux intéressés par les gens en général – par les histoires vraies de gens vrais. Et nous respectons tous deux l’aspect documentaire des films – la capacité du cinéma à chercher la vérité.
Pensez-vous que les conseils de Mira Nair vont modifier votre conception du cinéma ?
Il est important de comprendre la vie d’un artiste dans sa globalité. Dans le cinéma, le business est aussi important que l’art. Mira Nair a beaucoup de succès comme réalisatrice, tant sur le plan artistique que sur le plan commercial, ce qui est très rare. J’espère découvrir la manière dont elle aborde son travail, comment elle équilibre ces deux aspects. Pour un réalisateur, c’est probablement le plus difficile – notre art est tellement commercial. On ne peut pas réussir un film intéressant sans argent mais, en même temps, tout l’argent du monde ne suffit pas forcément à produire un film intéressant. Comment concilier les deux, là est le défi.