Après l'année de mentorat
Josué Méndez évoque son année en tant que protégé.
Pouvez-vous nous décrire votre première rencontre avec Stephen Frears, lorsqu’il devait choisir son protégé ?
Nous avons eu un entretien de deux heures. Je pensais que ce serait sans doute la dernière fois que je le verrais. C’est plutôt moi qui l’ai interrogé : je lui ai demandé comment il avait réalisé son premier film, ce qu’il pensait du cinéma britannique. Nous avons parlé de ses raisons de travailler à Hollywood – ou de ne pas travailler à Hollywood.
En quoi Frears vous a-t-il étonné ?
Il y a une chose qu’il répétait tous les jours, c’est que je ne verrais mes erreurs qu’une fois le film achevé. Et qu’à ce moment-là, je me dirais : « Stephen me l’avait dit ! »
Vos parents ont-ils critiqué votre décision de faire du cinéma ?
Ils n’ont jamais tenté de me dissuader, mais ils ne m’ont pas encouragé. Jusqu’à ces dernières années, mon père espérait que je deviendrais ingénieur. C’est seulement lorsque le court métrage que j’ai réalisé avant Días de Santiago s’est vendu en Espagne qu’il a compris que je savais peut-être ce que je faisais. Jusque-là, il me demandait régulièrement : « Alors, fiston, tu as pensé à ces études d’ingénieur ? Il n’est jamais trop tard. »
Quel genre de films voulez-vous réaliser ? Réalistes ? Abstraits ?
Le réalisme n’existe pas vraiment. Tout ce qui se crée face à une caméra n’a rien à voir avec les règles de la réalité. C’est entièrement pensé, répété et fabriqué pour l’écran.
Vous ne craignez pas qu’en voyant Dioses, les gens pensent que c’est par envie que vous faites la satire des classes aisées ?
Mais c’est vrai ! D’un côté, on peut être très critique et dire : « Comment ces gens peuvent-ils vivre
ainsi ? », mais d’un autre côté, quand on met le pied dans ce monde, on pense : « J’aimerais bien y
vivre ». C’est contradictoire. Une partie de nous trouve cette vie magnifique, l’autre la trouve stupide.