Biographie
Publiée en 2005
Tornade cinématographique
Le surnom de « Toofani », « tornade » en hindi, convient tout à fait à la cinéaste indienne Mira Nair. Au cours des vingt dernières années, cette réalisatrice, scénariste et productrice de 48 ans reconnue dans le monde entier a incarné l’une des plus grandes success stories du cinéma contemporain.
Ayant entamé sa carrière comme cinéaste documentaire mais célèbre aujourd’hui pour ses longs métrages de fiction, Mira Nair réalise des films d’une grande densité visuelle qui bouillonnent de vie. « Le cinéma consacre l’union de mes différents intérêts pour les arts visuels, le théâtre et la vie telle qu’elle est vécue », affirme-t-elle.
La passion du théâtre
Fille d’un fonctionnaire de Bhubaneswar, une ville reculée de l’est de l’Inde, Mira Nair prend des cours d’art dramatique pendant son adolescence, puis participe à des ateliers de théâtre expérimental à Calcutta et à l’Université de Delhi.
En 1976, à l’âge de 18 ans, elle reçoit une bourse pour étudier l’art dramatique et la sociologie à Harvard. C’est là qu’elle abandonne son rêve de devenir actrice pour se consacrer à la réalisation. « J’ai découvert que ce que je voulais, c’était raconter l’histoire, choisir la lumière, les gestes, le cadre », explique-t-elle.
Cinéma-vérité
Ses documentaires de cinéma-vérité – comme India Cabaret (1985), portrait controversé de strip-teaseuses à Bombay, qui a été primé – sont le reflet de ses études de sociologie et des conseils de ses mentors Richard (Ricky) Leacock et D.A. Pennebaker.
C’est à ces deux pionniers du documentaire qu’elle doit la réalisation de films qui montrent la condition humaine dans toute sa réalité.
Salaam Bombay!
Pour atteindre le réalisme extraordinaire de son premier long métrage, Salaam Bombay! (1988), chronique déchirante des enfants des rues de Bombay, Mira Nair organise des ateliers d’improvisation théâtrale pour ces enfants et choisit les meilleurs comme acteurs.
Ce film a remporté plus de vingt-cinq prix internationaux, dont une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger en 1988 et, au Festival de Cannes, le prix Caméra d’Or du meilleur premier film ainsi que le Grand Prix du Public pour le film le plus populaire.
Une filmographie impressionnante
Ce succès est suivi de Mississippi Masala (1991), une histoire d’amour interraciale qui se déroule en Amérique du Sud et en Ouganda, où Mira Nair réside une partie de l’année avec son mari, le professeur Mahmood Mamdani. Ce film, trois fois primé au Festival de Venise, est suivi de The Perez Family (1993), Kama Sutra: A Tale of Love (1996), My Own Country (1998), The Laughing Club of India (1999), Monsoon Wedding (2001) et Hysterical Blindness (2002).
En 2002, Mira Nair participe à la réalisation de 11.09.01, film dans lequel onze grands réalisateurs réagissent aux événements tragiques du 11 septembre. Un an plus tard, elle réalise un long métrage tiré de l’œuvre classique de William Thackeray, Vanity Fair (« La Foire aux vanités »), satire socio-historique qu’elle filme en Grande-Bretagne et en Inde.
Monsoon Wedding (« Le Mariage des moussons »), récit joyeux d’un mariage pendjabi, a gagné un Lion d’Or en 2001 au Festival de Venise et a été nominé au Golden Globe du meilleur film étranger. Extrêmement populaire, c’est l’un des films étrangers qui ont fait les plus grosses recettes jamais enregistrées aux États-Unis.
Les nouveaux projets
Mira Nair vient d’adapter le roman à succès de Jhumpa Lahiri intitulé The Namesake (« Un nom pour un autre »), qu’elle a filmé à Calcutta et à New York. Elle prévoit de tourner ensuite Homebody/Kabul de Tony Kushner pour la chaîne câblée américaine Home Box Office, et The Impressionist de Hari Kunzru. Elle envisage en outre de monter Monsoon Wedding à Broadway.
La réalisatrice et sa société de production Mirabai Films ont créé par ailleurs un atelier annuel destiné aux cinéastes en herbe d’Afrique de l’Est et d’Asie du Sud. Pour elle, il est essentiel de transmettre son savoir-faire. Son conseil aux jeunes réalisateurs : « Fiez-vous à votre instinct. » C’est d’ailleurs aussi sa propre règle d’or.
Filmographie
Longs métrages
Un nom pour un autre (« The Namesake », 2006)
Vanity Fair, La Foire aux vanités (« Vanity Fair », 2004)
11’09’01 (2003)
Hysterical Blindness (HBO)
Le Mariage des moussons (« Monsoon Wedding », 2000)
My Own Country (1998)
Kama Sutra : une histoire d’amour (« Kama Sutra », 1997)
The Perez Family (1995)
The Day the Mercedes became a Hat (1993)
Mississippi Masala (1990)
Salaam Bombay! (1988)
Documentaires
The Laughing Club of India (avec Adam Bartos) (1999)
Children of a Desired Sex (1987)
India Cabaret (1985)
So Far From India (1982)
Jama Masjid Street Journal (1979)