Biographie
Publiée en 2005
Le paradis trouvé
Quand on lui demande quelle est son idée du paradis, Mario Vargas Llosa répond simplement :
« Écrire ! » Car l’écriture a été la passion d’une vie pour ce romancier, dramaturge, essayiste, journaliste et critique littéraire péruvien.
L’un des meilleurs auteurs contemporains, Mario Vargas Llosa a contribué à revitaliser le roman sud-américain par la richesse de ses descriptions de la vie sur ce continent. Dans son autobiographie, Le Poisson dans l’eau (1995), Mario Vargas Llosa, âgé aujourd’hui de 69 ans, décrit ses années d’enfance mouvementées, rythmées par de nombreux déplacements, d’Arequipa, sa ville natale au Pérou, à la Bolivie, puis de retour au Pérou, à Piura, et enfin à Lima.
Tout jeune déjà, il écrit des poèmes et dévore des livres des auteurs favoris des enfants comme Alexandre Dumas et Jules Verne. Il avoue que, pendant son séjour à l’Académie militaire Leoncio Prado, de 1950 à 1951, il passait le plus clair de son temps à lire et à écrire. « Très tôt déjà, j’avais la capacité de vivre dans un monde imaginaire, d’inventer des histoires », déclare-t-il.
De longues études universitaires
La vie d’étudiant de Mario Vargas Llosa et sa carrière précoce d’écrivain se sont intimement mêlées. En 1952, alors qu’il est encore à l’école, il écrit sa première pièce La huida del Inca, qui remporte un prix, et décide alors de se consacrer à l’écriture et à l’enseignement. De 1953 à 1958, il étudie le droit et la littérature à l’Université San Marcos à Lima, travaillant simultanément comme journaliste pour la presse et la radio et comme co-rédacteur en chef de deux revues littéraires. En 1959, il quitte le Pérou pour se rendre à l’Université Complutense de Madrid, où il obtient un doctorat ès lettres et philosophie en 1971.
Dans les années 1960, Mario Vargas Llosa réside à Paris, qu’il considère comme un passage obligé sur le chemin de l’écriture. Il commence à enseigner en France, puis en Angleterre, et exerce comme professeur invité dans de grandes universités aux États-Unis et en Europe.
Le Pérou au microscope
Mario Vargas Llosa commence à écrire des nouvelles au milieu des années 1950 et, en 1963, il rédige son premier roman La Ville et les Chiens. Microcosme de la société péruvienne, son œuvre attire immédiatement l’attention internationale. La Maison verte (1966), comme beaucoup de ses œuvres, s’inspire des expériences formatrices de sa jeunesse. De nombreux autres romans suivent au cours des années, comme Conversation à la cathédrale (1969), La tante Julia et le scribouillard (1977), La guerre de la fin du monde (1983), Histoire de Mayta (1986), La fête au Bouc (2002) et Le Paradis – un peu plus loin (2003). Son dernier ouvrage, La Tentation de l’impossible, série de conférences sur Les Misérables de Victor Hugo, a été publié en 2004. Mario Vargas Llosa a également été acclamé pour ses essais sur la politique et sur des figures littéraires comme Flaubert et Camus, ainsi que Sartre, dont les écrits l’ont profondément marqué.
Une renommée mondiale
Dans ses œuvres, traduites en plus de trente langues, Mario Vargas Llosa utilise un éventail de techniques d’avant-garde pour créer « un reflet esthétique du monde réel ». Bien que, comme dans beaucoup de romans péruviens, la contestation sociale apparaisse dans ses écrits, jamais il ne compromet ses ambitions littéraires pour une propagande idéologique. Son désir de réforme politique l’a incité à présenter sa candidature à la présidence du Pérou en 1990, mais sans succès.
Mario Vargas Llosa s’est vu attribuer de nombreuses distinctions dont une médaille d’honneur du Congrès péruvien (1981), la Légion d’honneur (1985), le prix du Prince des Asturies (1986), le titre d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres (1987), le prix Cervantes (1994) et le National Book Critics Circle Award (USA, 1998). Il n’envisage pas de ralentir son rythme, car comme il le dit lui-même : « J’ai beaucoup plus de projets que de temps ».