Biographie
Publiée en 2007
« J’écris pour agir », explique Tahar Ben Jelloun, le célèbre écrivain d’Afrique du Nord âgé de 62 ans.
« Je crois que la littérature peut parfois avoir valeur d'exorcisme. Lorsque je ne peux pas agir sur la réalité, eh bien j’écris. » Lauréat du Prix Goncourt, Tahar Ben Jelloun tire son inspiration de son expérience personnelle, de l’aliénation qu’il a vécue dans son Maroc natal, puis en France en tant qu’immigré, ainsi que de ses connaissances de psychologue, pour écrire des romans, des poèmes, des pièces, des essais et des articles puissants, souvent sources de controverses.
Tahar Ben Jelloun fait ses études à Tanger, puis à l’Université Mohammed V de Rabat, où il étudie la philosophie. En 1965, il participe à des manifestations étudiantes. C’est durant son internement dans un camp disciplinaire de l’armée qu’il commence à écrire. Son premier poème, rédigé en cachette dans les baraquements de l’armée, est publié dans la revue littéraire marocaine Souffles en 1968. En 1971, il émigre en France où il collaborera au journal Le Monde en tant que pigiste. Parallèlement, il écrit des vers et prépare une thèse de doctorat en psychiatrie sociale à l’Université de Paris. Deux ans plus tard, il publie son premier roman, Harrouda.
Tahar Ben Jelloun accède à la célébrité lorsqu’il publie L’Enfant de sable en 1985, puis sa suite, La Nuit sacrée, qui lui vaut le Prix Goncourt en 1987. Cette saga en deux volumes aborde l’exclusion, la solitude, le bilinguisme, l’identité sexuelle, la domination masculine et les complexités sociales et religieuses de la culture marocaine. Les thèmes du racisme et de l’exclusion se retrouvent dans Hospitalité française (1984), qui évoque l’hostilité à laquelle se heurtent les nord-africains en France, ou Le Racisme expliqué à ma fille (1998), un livre basé sur des questions posées à Tahar Ben Jelloun par sa fille de 10 ans, sans oublier L’Islam expliqué aux enfants (2002). Cette aveuglante absence de lumière (2001) est une œuvre très politique, qui a pour théâtre la prison marocaine de Tazmamart, où des soldats insurgés ont été détenus dans des conditions atroces. Il a valu à son auteur le prix littéraire international IMPAC de Dublin en 2004. Parmi les œuvres récentes figurent le roman Partir. Tahar Ben Jelloun a reçu le Prix de la Paix décerné par l’Association des Nations Unies en Espagne.