Biographie
Publiée en 2008
L’écrivain nigérian Wole Soyinka, âgé aujourd’hui de 73 ans, est un auteur de théâtre et de nouvelles, poète, essayiste et militant de causes humanitaires célèbre dans le monde entier. Considéré comme le plus grand dramaturge de son pays, il devient en 1986 le premier Africain lauréat du prix Nobel de littérature, pour ses œuvres inspirées qui mêlent littérature et politique, traditions occidentales et africaines.
La passion de Wole Soyinka pour l’écriture remonte à son enfance à Abeokuta, dans l’ouest du Nigéria, où il a été inspiré par « une famille de conteurs », qui lui a aussi inculqué son sens profond de la justice. Après des études à Ibadan, puis à Leeds, au Royaume-Uni, Soyinka revient au Nigéria en 1960, après six années passées en Angleterre, pour y poursuivre sa carrière d’écrivain, d’enseignant et de militant des droits de l’homme.
Critique virulent des régimes tyranniques dans son pays, il a vécu de longues années en exil. Poems from Prison (1969) et The Man Died: Prison Notes (1972) relatent les vingt-sept mois qu’il a passés dans une geôle nigériane, tandis que sa dernière pièce, Baabou Roi (2001), est une satire politique des dictatures africaines. Pour le New York Times, « si l’esprit de la démocratie africaine a une voix et un visage, ce sont ceux de Wole Soyinka ».
Son dernier ouvrage, Il te faut partir à l’aube (2006), décrit sa vie adulte et son opposition aux régimes corrompus du Nigéria. C’est la suite de son autobiographie, Aké : Les Années d’enfance (1981), et d’une longue succession de chefs-d'œuvre étalés sur plus d’un demi-siècle.
Professeur émérite de l’Université Obafemi Awolowo au Nigéria, Wole Soyinka est actuellement directeur des arts littéraires à l’Université du Nevada, titulaire d’une bourse d’étude et de recherche du W.E.B. Du Bois Institute for African and African American Research de l’Université de Harvard, et ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco. Tout en encourageant les jeunes écrivains à se tourner vers leur culture pour trouver leur propre voix, il est convaincu que « le précepte ultime est simple : il faut se mettre à table et écrire ».