Premières impressions
Entretien avec David Aaron Carpenter au début de son année de mentorat
Quand Rolex vous a informé que vous étiez sur la liste des protégés potentiels, quelle a été votre réaction ?
J’étais dans une salle d’informatique à l’Université de Princeton, en train de mettre la dernière main à un mémoire. Un courriel est arrivé dans ma boîte de réception et je me souviens parfaitement avoir résisté à la tentation de l’ouvrir, jusqu’à ce que j’aie terminé mon mémoire. Quand je l’ai enfin ouvert, l’en-tête de Rolex m’est apparu. J’avais entendu parler du Programme Rolex de mentorat artistique au festival de musique de Verbier, mais je ne savais pas exactement en quoi il consistait. Le courriel de Rolex me demandait d’envoyer des vidéos, des CD et des articles de presse sur mon travail. Vaste tâche – un peu comme mon dossier de candidature à Princeton –, mais qui s’est révélée un exercice très instructif. Une foule de souvenirs musicaux m'est revenue, me rappelant toutes mes années de travail.
Par la suite, quand j'ai appris que M. Zukerman était le mentor du programme dans la catégorie musique, j’ai été fou de joie : toute ma vie, mon but avait été d’étudier avec lui.
Quelles ont été vos premières pensées lorsque vous avez appris que vous étiez le protégé retenu ?
Je n’arrive toujours pas à y croire. Toutes les personnes associées à ce programme – à commencer par les autres finalistes qui, à mon avis, sont les meilleurs violonistes de notre génération, et sans oublier les organisateurs — ont contribué à faire de cet événement l’une de mes plus belles expériences. Pour un altiste, une telle occasion est miraculeuse. Je me suis dit que le mentorat allait m’aider à poursuivre mon rêve de faire carrière en solo.
Qu’espérez-vous apprendre durant l’année de mentorat ?
M. Zukerman a une très grande connaissance qui va me guider et m’aider à développer mes compétences techniques et musicales. J’espère ainsi parvenir à un niveau de jeu supérieur.
Y a-t-il des similarités entre la conception qu’a M. Zukerman de la musique et la vôtre ?
Ce sur quoi M. Zukerman insiste dans son enseignement joue désormais un rôle essentiel dans ma compréhension de la musique. Sa maîtrise de la technique de l’archet relève pour moi de l’invention d’une nouvelle sonorité pour l’alto. Après avoir rencontré M. Zukerman à son festival de musique cet été, j’ai découvert un nouveau style et une approche différente de la sensibilité musicale.
En votre qualité de protégé, vous allez devoir consacrer un certain temps à votre mentorat. Comment allez-vous concilier ce mentorat avec vos études à Princeton ?
Heureusement, dès ma première année de lycée, j’ai dû apprendre à concilier musique et études à plein temps. L’an prochain, pour ma dernière année à Princeton, j’espère pouvoir maintenir cet équilibre. À ce stade de ma carrière, je n’ai pas encore besoin d’un manager, je n’en suis pas à donner 100 ou 120 concerts par an. Le mentorat va me permettre d’apprendre et d’étoffer mon répertoire. C’est un bon moment pour se préparer à une carrière dans le monde difficile, mais extrêmement gratifiant, de la musique classique. En tant qu’aspirant altiste solo dans un océan de solistes et d’instruments, il faut commencer fort !
Pinchas Zukerman joue de l’alto. Cette caractéristique fait-elle de lui le mentor idéal pour vous ?
J’ai tant de chance de pouvoir étudier avec une telle légende de l’alto et du violon… Je ne pouvais pas rêver meilleur mentor : sa connaissance musicale et sa compréhension physique de ces deux instruments sont exceptionnelles.