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Stephen Frears
Mentor Cinéma 2006/2007
Quel rôle a joué le mentorat dans votre vie jusqu’ici ?
J’enseigne souvent à l’École nationale du cinéma en Angleterre... pour éviter de tourner. Il m’arrive d’en avoir un peu assez de ma propre compagnie ou de faire des films et, dans ces cas-là, je m’arrête et j’enseigne. On regarde un tas de classiques du cinéma. On se retrouve face à des gens qui ne savent rien. Et ça vous oblige à être très clair. Mais surtout, les jeunes vous apprennent beaucoup, ils vous maintiennent en vie, dans le meilleur sens du terme. Je me demande toujours si je leur apporte autant qu’ils m’apportent.
Y avait-il des décalages culturels à combler entre Josué Méndez et vous ?
Il y avait des choses que je ne comprenais pas, liées à l’appartenance ethnique. Il m’a semblé qu’il maîtrisait de toute évidence son sujet. Mais il lui reste encore à se faire comprendre, ce qui exigera beaucoup d’habileté.
Que conseilleriez-vous aux comédiens pour qu’ils donennt le meilleur d’eux-mêmes ?
Attendre jusqu’à ce qu’ils trouvent le ton. Ça s’entend. On sent le rythme, la musicalité. On regarde les acteurs s’approcher lentement du but. Il faut savoir attendre.
Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à tourner un film après l’autre ?
On me propose des choses qui m’intéressent. Avant Madame Henderson présente, je n’avais jamais fait de film tout en chansons et en danse. Se voir offrir des défis nouveaux à mon âge, c’est formidable !
Aux États-Unis, le cinéma peut être très formel. On enseigne souvent aux jeunes scénaristes d'insérer certains types d’événement à un moment précis. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Ça me paraît idiot.
Vous avez admis ne pas connaître vraiment tous les aspects de la réalisation. Que dites-vous aux jeunes réalisateurs à ce sujet ?
J’ai toujours travaillé avec des gens très intelligents. Pendant longtemps, j’ai été le plus jeune sur les plateaux. Josué est entouré de gens très compétents. S’il est intelligent, il saura les écouter. Je me souviens d’un téléfilm que j’ai réalisé dans les années 1970. Je venais de tourner une scène qui n’était pas très intéressante. Je me suis alors tourné vers le cameraman et je lui ai demandé : « Pourquoi n’est-ce pas intéressant ? ». Et il m’a répondu : « Tu as tourné exactement la même scène la semaine
dernière ».
> Entretien avec Josué Méndez