En Afrique du Sud

Une promesse tenue

Dès leurs premiers contacts, sir Peter avait accepté l’invitation de Lara de venir la voir dans son pays, mais la date n’avait pu être fixée. C’est en mars 2005 qu’il a finalement tenu sa promesse. Cette visite aura profité également aux comédiens du Baxter Theatre, qu’il a dirigés dans un atelier sur Hamlet (un sommet du répertoire qu’ils allaient bientôt affronter), ainsi qu’au grand public, qu’il a fasciné par un exposé sur la « bonne » manière de jouer Shakespeare. Pour Lara Foot Newton, la visite de son mentor fut d’autant plus enthousiasmante qu’elle permit la poursuite de leur dialogue, avec des discussions sur les aspects formels (plutôt que psychologiques) de Betrayal et sur le grand succès international de Shaffer, Amadeus, autre pièce que sir Peter connaît depuis longtemps, puisqu’il en a dirigé la création en 1979.

Une relation à double sens

« J’ai parlé de manière subjective, autobiographique, en essayant de ne surtout pas me montrer directif, ni de dire "voilà comment il faut s’y prendre" », explique sir Peter. Lara Foot Newton était quant à elle ravie de présenter les idées de décor préparées avec Gerhard Marx pour Hear and Now et de discuter des thèmes et des scènes de la pièce, encore en pleine évolution. Mentor et protégée discutaient là comme deux metteurs en scène, puis, sans transition ou presque, comme un auteur et un metteur en scène. Dans ses deux fonctions, Lara Foot Newton a tiré de ces contacts une confiance et une assurance nouvelles.

La voix de l’encouragement

Quant à sir Peter, il a pu se convaincre de la justesse de sa première intuition : la vraie place de Lara était bien parmi les créateurs.

« Écrivez davantage, lui a répété sir Peter Hall. Les auteurs sont rares... et plus précieux que les metteurs en scène. »

Extrait d'un article rédigé par Matthew Gurewitsch pour Voix d'exception, visions partagées consacré au cycle 2004/2005 du Programme Rolex de mentorat artistique.