Après l’année de mentorat

Selina Cartmell évoque son année en tant que protégée.

Peut-on dire que votre principal point commun avec Julie Taymor est le fait que vous soyez toutes deux des femmes de théâtre ouvertes à de nombreuses formes d’expression ?

Oui, je crois que notre collaboration avec des artistes aux origines et aux savoir-faire différents fait de nous des artistes pluridisciplinaires. Ni elle ni moi ne voyons notre travail à travers un seul prisme, mais sous des angles différents, et je crois que cela nous permet à toutes deux de concevoir notre pratique artistique de diverses manières, sans nous sentir limitées ni prisonnières d’une catégorie.

Comment décririez-vous le temps que vous avez passé à suivre la préparation de Grendel ? Avez-vous tiré un enseignement particulier de cette expérience ?

Comme c’était la première fois que j’assistais à des répétitions d’opéra, cela m’a vraiment ouvert les yeux sur l’ampleur et la complexité de la tâche – réunir tous ces artistes et ces éléments pour créer un nouvel opéra. J’ai été rassurée, en voyant Julie à l’œuvre, de constater que les problèmes qu’on rencontre pendant les répétitions sont universels. On a rarement l’occasion de voir travailler un metteur en scène, et pouvoir assister au processus de création de Grendel a été un privilège et une source d’inspiration.

Y a-t-il un conseil de Julie Taymor, ou une expérience pendant l’année de mentorat, qui vous a particulièrement frappée ?

Pendant un déjeuner de presse à New York, nous étions assises ensemble, et un journaliste m’a demandé comment je décrirais mon style. Je me souviens que Julie a dit qu’on ne devrait jamais avoir à classer son travail dans telle ou telle catégorie, et je crois que c’est à partir de ce moment-là que je me suis sentie assez libérée en tant qu’artiste pour comprendre vraiment ce que cela signifiait.

La collaboration avec Julie Taymor a-t-elle changé votre manière de travailler ?

Je pense que le fait de travailler avec Julie m’a donné la confiance nécessaire pour m’attaquer à des projets pour lesquels je ne me sentais peut-être pas encore prête. Par exemple, après l’avoir vue à l’œuvre sur Grendel, l’idée de travailler à un opéra m’a vraiment attirée, et c’est l’année suivante que j’ai monté Sweeney Todd, ma première production musicale. Je travaille aussi à mon premier nouvel opéra, pour 2008-2009. Cela aussi, je le dois à mon contact direct avec Julie et Grendel.