Après l’année de mentorat
Matthias Weischer évoque son année en tant que protégé
Quelle avait été votre réalisation artistique la plus importante avant le début de ce programme ?
Sur quel critère se baser ? Le plus facile serait de choisir une exposition particulière, mais l’évolution psychologique et artistique qui vous a amené à montrer votre travail au public est au moins aussi importante. Parfois, un tournant décisif que vous vivez dans votre atelier correspond à une certaine exposition. Cela m’est arrivé quand j’ai eu une bourse d’une année à Essen et que j’ai ensuite exposé ce que j’avais fait au musée de cette ville. Ce travail a été la pierre angulaire d’une grande partie de ce que je fais aujourd’hui.
Qu’avez-vous particulièrement apprécié en tant que protégé du Programme Rolex ?
Bien sûr, la possibilité de rencontrer David Hockney, que je n’aurais jamais eue autrement, et d’apprendre à le connaître au fil de tous ces mois. C’est quelqu’un qui se protège beaucoup, mais il m’a ouvert grand sa porte. Cela restera très important pour moi.
Y a-t-il un fait ou une remarque qui résume ou caractérise particulièrement bien votre relation avec votre mentor ?
Je l’ai souvent entendu dire : « Sois toi-même ! »
Quel a été l’enseignement ou le conseil le plus important que votre mentor vous ait donné ?
Il a dit beaucoup de choses importantes qui sont gravées dans ma mémoire – surtout au sujet des responsabilités de l’artiste, de ce qui compte vraiment. Nous sommes à une époque où les jeunes artistes sont très recherchés. Mais David cite un dicton chinois qui dit : « La peinture est un travail de vieil homme. » Cela m’a donné le sentiment que j’avais beaucoup de temps – pour me développer, pour grandir.
Quelles ressemblances ou différences voyez-vous entre votre travail et celui de votre mentor ? Ont-elles été un facteur stimulant ou un obstacle dans votre relation ?
Nous n’avons pas beaucoup parlé de notre propre travail. Ce n’était pas nécessaire. Nous avons apparemment la même conception de ce qu’il signifie. Nous n’avons pas eu besoin de discuter de ce qui est en jeu dans la représentation picturale du monde. Bien sûr, il y a des différences dans notre travail, mais ce ne sont pas des obstacles.
Avez-vous appris quelque chose de votre mentor en dehors de la pratique de votre art ?
Cela a été très intéressant pour moi de voir comment il structure son temps. Il sait organiser sa vie de telle façon qu’il arrive à faire son travail tout en ayant du temps, en dehors de son atelier, pour les autres choses qui enrichissent son art.
Votre conception de la peinture a-t-elle changé ou évolué au cours du processus de mentorat ?
Oui – j’ai fait plusieurs observations qui vont me rester. David est un merveilleux dessinateur. Il dessine tout le temps. C’est une habitude que je veux prendre. Et, maintenant, j’ai très envie de travailler le portrait, de faire poser des amis et des modèles dans mon atelier. Il s’agit surtout de voir, d’examiner. Je réalise à quel point c’est important. Je sais aussi qu’il y a beaucoup de tableaux que je veux – et que je dois – voir : des expositions en Belgique et en Hollande, par exemple. Sortir de son atelier et regarder les œuvres d’autres artistes : David le fait, et c’est vraiment important.
Maintenant que l’année de mentorat est finie, quelle direction votre carrière artistique va-t-elle prendre ?
En tant qu’artiste, il ne faut jamais cesser de rechercher de nouvelles impressions et de rencontrer d’autres personnes ; c’est ce qui vous stimule et vous met sur de nouvelles voies. J’espère que cela se poursuivra, et j’espère que David et moi continuerons à nous voir et à partager nos impressions.