Une irrésistible envie d’espace
Novembre 2007
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’architecte jordanien Sahel Al-Hiyari n’a pas peur de voir grand. Un projet de villa de 700 mètres carrés ? « C’est monnaie courante en Jordanie, certaines résidences peuvent même s’étendre sur 2 000 mètres carrés », déclare-t-il. C’est dans la capitale, Amman, que l’architecte — peintre à ses heures — a choisi d’exercer ses talents après avoir travaillé dans des bureaux à Boston, au Caire et à Venise, car, explique-t-il, « c’est ici que mon travail peut avoir un effet plus marquant ».
Son modeste atelier ouvert en 1997 est devenu aujourd’hui Sahel Al-Hiyari and Partners, un bureau qui emploie six architectes. Qu’il s’agisse de maisons particulières ou de locaux professionnels, on retrouve dans les constructions de Sahel Al-Hiyari la passion pour la lumière qui anime aussi Álvaro Siza, son mentor. Les formes géométriques au relief accentué par une lumière modulée caractérisent sa conception originale de l’architecture, qui lui a d’ailleurs valu d’être invité en avril dernier à Harvard pour donner une conférence. Cette passion pour la lumière et les formes, Sahel-Al-Hiyari l’a récemment mise à profit pour réaliser un centre d’information pour visiteurs situé à l’intérieur du parc national de Petra, en Jordanie. La construction, qui a débuté en juillet, s’achèvera dans les mois qui viennent. Pour ce projet, Sahel a travaillé sur l’émergence des angles : « Au cours de la période néolithique, les cercles ont commencé à devenir des carrés, explique-t-il. Le bâtiment que je construis trouve ses origines dans cette mutation. J’ai voulu montrer que Petra est riche d’un passé bien plus ancien que celui pour lequel les visiteurs affluent aujourd’hui. »